Les lacunes du régime obligatoire en chiffres
Avant de parler de solutions, regardons les faits. Ce que le régime obligatoire verse à un TNS en 2026 — et ce que ça représente concrètement quand on ne peut plus travailler.
Un indépendant gagnant 5 000 €/mois net passe à environ 660 €/mois d'IJ de la Sécu en cas d'arrêt prolongé. Ses charges fixes continuent. Sans prévoyance complémentaire, il doit puiser dans son épargne dès la première semaine.
Les 3 risques que couvre la prévoyance TNS
La prévoyance n'est pas la mutuelle — c'est une confusion très fréquente. La mutuelle rembourse des soins. La prévoyance, elle, remplace vos revenus quand vous ne pouvez plus exercer. Elle couvre trois risques distincts.
| Risque | Régime obligatoire 2026 | Ce que couvre la prévoyance complémentaire | Priorité |
|---|---|---|---|
| Arrêt de travail | Max 65,84 €/j après 3 jours de carence | IJ jusqu'à 100 % du revenu net, dès J+1, J+7 ou J+30 selon la franchise choisie | Priorité 1 |
| Invalidité | Pension PITD max 24 030 €/an | Rente invalidité partielle ou totale, maintien du niveau de vie | Priorité 1 |
| Décès | Capital forfaitaire 9 612 € | Capital ou rente pour les proches, remboursement des emprunts pro | Recommandé |
L'arrêt de travail — le risque le plus sous-estimé
C'est le risque le plus fréquent et le plus dangereux financièrement pour un indépendant. Contrairement au salarié dont l'employeur maintient une partie du salaire, le TNS n'a aucun filet de sécurité automatique au-delà des IJ de la Sécu.
La franchise (délai avant déclenchement des IJ complémentaires) est le paramètre le plus important à calibrer selon votre situation :
- Franchise 7 jours — bon compromis pour la plupart des TNS, cotisation modérée
- Franchise 3 jours — pour ceux qui n'ont pas d'épargne de sécurité
- Franchise 30 ou 90 jours — si vous avez 3 à 6 mois de charges en épargne, cotisation plus faible
L'invalidité — le risque qu'on ne voit pas venir
L'invalidité partielle est souvent oubliée. Beaucoup de contrats ne couvrent que l'invalidité totale — ce qui signifie que si vous pouvez encore travailler à 50 % de votre capacité, vous ne percevez rien, alors que vos revenus ont chuté de moitié.
Vérifiez toujours si votre contrat couvre l'invalidité professionnelle (impossibilité d'exercer votre métier spécifique) ou l'invalidité fonctionnelle (incapacité à exercer tout travail). La différence peut être considérable pour les professions manuelles ou techniques.
Loi Madelin : l'avantage fiscal à ne pas ignorer
Les contrats de prévoyance labellisés Madelin permettent aux TNS soumis à l'IR de déduire leurs cotisations de leur bénéfice imposable. C'est un avantage fiscal concret qui réduit significativement le coût réel de la protection.
Vérifier votre régime fiscal
Eligible si vous êtes soumis à l'IR en BIC, BNC ou BA. Les micro-entrepreneurs ne peuvent pas bénéficier de la déductibilité Madelin mais peuvent souscrire des contrats de prévoyance classiques.
Calculer le plafond déductible
Pour la prévoyance : 7 % du PASS (3 364 € en 2026) + 3,75 % du bénéfice imposable, dans la limite de 3 % de 8 PASS (11 534 € en 2026). Votre expert-comptable peut calculer précisément votre plafond.
Choisir un contrat labellisé Madelin
Le contrat doit répondre à des critères stricts de contenu (garanties minimum, conditions de versement) pour être éligible à la déductibilité. Tous les contrats ne le sont pas — vérifiez avant de signer.
Calibrer les cotisations selon votre TMI
À 30 % de TMI, 100 € de cotisation ne vous coûtent réellement que 70 €. À 41 %, seulement 59 €. Plus votre tranche est élevée, plus l'avantage Madelin est significatif.
Comment bien choisir son contrat de prévoyance TNS
Le prix n'est pas le bon critère de sélection. Un contrat à 40 €/mois peut sembler attractif — jusqu'au jour où vous en avez besoin et découvrez que votre pathologie est exclue.
- Lire les exclusions avant les garanties. Les exclusions les plus fréquentes : affections dorsales, troubles psychiatriques, maladies préexistantes déclarées. Ce sont pourtant les causes les plus courantes d'arrêt prolongé.
- Vérifier la définition de l'invalidité. Professionnelle (votre métier) ou fonctionnelle (tout métier) ? La différence est majeure pour les professions spécialisées.
- Calibrer la franchise selon votre épargne. La franchise idéale = le nombre de jours que vous pouvez financer seul. Si vous avez 3 mois d'épargne, une franchise 90 jours réduit fortement la cotisation.
- Prévoir une révision annuelle. Votre revenu évolue, votre contrat doit suivre. Un contrat souscrit à 30 000 €/an ne protège plus correctement à 60 000 €/an.
Je commence toujours par analyser vos droits auprès de votre caisse obligatoire avant de recommander quoi que ce soit. Selon que vous relevez du SSI, de la CIPAV, de la CARMF ou d'une autre caisse, vos lacunes ne sont pas les mêmes — et donc les solutions non plus.
Vous ne savez pas ce que couvre votre caisse ?
Je décrypte vos droits obligatoires et vous propose une prévoyance calibrée à votre situation réelle.